Réalisations

Septembre 2014 - Table ronde "Alimentation et Santé"

 Pékin, 16-17 septembre 2014, Legendale Hotel

 

Organisée par

 

La Fondation Victor Segalen

La Fondation franco-chinoise pour la science et ses applications (FFCSA)

Le Development Research Center du Conseil des Affaires d’Etat

L’Association chinoise pour les échanges internationaux sur le développement urbain et rural


Partenaires de la Table ronde

 

En France :

  • Fondation Victor Segalen
  • Fondation franco-chinoise pour la science et ses applications (FFCSA)
  • Entreprises partenaires : Sanofi, Mérieux NutriSciences, HNA Group, Fondation France-Chine, Groupe Servier, Nutricia Danone

 

En Chine :

  • Development Research Center du Conseil des Affaires d’Etat
  • Association chinoise pour les échanges internationaux sur le développement urbain et rural (CIAD)
  • Assemblée nationale populaire (ANP)
  • Commission d’Etat pour la Santé et le planning familial 
  • Ambassade de France en Chine

 

Délégation chinoise

M. Chen Zhu, Vice-Président de l’Assemblée nationale populaire (ANP), ancien ministre de la Santé, Président du Comité central du Parti démocratique des ouvriers et des paysans de Chine

  • M. Zhang Laiming, Vice-Président du Development Research Center du Conseil des Affaires d’Etat (DRC)
  • M. Sun Baoguo, Vice-Président de la Beijing Technology & Business University, membre de l’Académie des sciences
  • M. Liu Yuanli, Directeur de la Faculté de Santé publique à l’Université de l’Hôpital de la Concorde à Pékin
  • M. Chang Xiaocun, Directeur du Département de la régulation des marchés du Ministère du commerce
  • M. Liu Jinfeng, Directeur du China National Center for Food Safety Risk Assessment
  • M. Zhang Zhiqiang, Directeur adjoint du Département des normes, du contrôle et des évaluations de sécurité alimentaire de la Commission d’Etat pour la santé et le planning familial
  • Mme Wang Bin, Directrice adjointe du Bureau de Prévention et de contrôle des maladies de la Commission d’Etat pour la santé et le planning familial
  • M. Wang Sanhu, Inspecteur adjoint du Troisième département de contrôle de sécurité alimentaire de la China Food & Drug Administration
  • M. Li Xiande, chercheur à l’Institut de l’économie agricole de l’Académie des sciences agricoles de Chine
  • Mme Yang Yuexin, Présidente du Conseil d’administration de la Chinese Nutrition Society
  • M. Ge Yanfeng, Directeur du Département de recherches sur le développement social de DRC
  • M. Lan Weiban, Directeur adjoint du Département de coopération internationale de DRC 
  • M. Yu Shiwei, Chercheur au Département de la régulation des marchés du Ministère du commerce
  • Mme Liu Yingli, Chargée d’enseignement à Beijing Technology & Business University
  • Mme Zhang Huaimei, Post-doctorant au National Institute for Nutrition and Food Safety
  • M. Sun Xiaoyu, Président de l’Association chinoise pour les échanges internationaux sur le développement urbain et rural, ancien Vice-Président de DRC
  • M. Zhang Xiaoji, Vice-Président de l’Association chinoise pour les échanges internationaux sur le développement urbain et rural, membre de la Commission des Affaires étrangères de la Conférence politique consultative du peuple chinois (CPCPC), chercheur à DRC
  • Mme Sun Lanlan, Vice-Présidente de l’Association chinoise pour les échanges internationaux sur le développement urbain et rural, ancienne Directrice du Département international de DRC
  • M. Chen Xin, Vice-Président de l’Association chinoise pour les échanges internationaux sur le développement urbain et rural, Président de SinoMedia Holding Ltd
  • M. Ding Ningning, membre permanent du Conseil d’administration de l’Association chinoise pour les échanges internationaux sur le développement urbain et rural, chercheur au Département de recherches sur le développement social de DRC
  • M. Xu Xiaoqing, membre permanent du Conseil d’administration de l’Association chinoise pour les échanges internationaux sur le développement urbain et rural, chercheur au Département de recherches sur l’économie rurale de DRC

 

Délégation française

  • M. Pierre Morel, Président de la Fondation Victor Segalen, Ambasadeur de France en Chine de 1996 à 2002
  • M. Raphaël Hadas-Lebel, Président de section honoraire au Conseil d’Etat, Président du Conseil d’orientation des retraites (COR)
  • Professeur Laurent Degos, membre de l’Académie de médecine, Président de la Fondation franco-chinoise pour la science et ses applications (FFCSA), ancien Président de la Haute Autorité de Santé
  • M. Didier Houssin, Président de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation
  • Professeur Yves Lévi, Professeur à la Faculté de pharmacie de l’Université Paris-Sud, membre de l’Académie nationale de pharmacie
  • M. Claude Fischler, sociologue, spécialiste de l’alimentation humaine
  • M. Jacques Pellet, Ministre Conseiller à l'Ambassade de france en Chine
  • Mme Marie de Hennezel, écrivain, psychologue
  • Dr Jean-Luc Lowinski, Senior Vice-President Asia, Sanofi
  • M. James Chen, Directeur Exécutif, Mérieux NutriSciences Chine
  • Dr Yannis Tsouderos, Vice-Président, Institut de recherches internationales Servier
  • Mme Christine M’Rini, Directeur Sciences de la vie, Etudes cliniques et biométrie, Danone Research
  • M. Benoît Sevcik, Conseiller social à l’Ambassade de France en Chine

 

 

 

Participants entreprises sponsors

 

  • Sanofi
  • Mme Cathy Qian, Vice-Présidente Relations institutionnelles
  • M. Bruno Gensburger, Directeur des affaires extérieures
  • Mérieux NutriSciences Chine
  • Mme Fu Meng, Directrice du Laboratoire Qingdao
  • Unicare (HNA Group)
  • M. Zhu Zhenghong, Vice Président de Unicare (Société d'Investissement et de Gestion Médicale du groupe HNA)


Observateur

  • M. Brieuc Segalen, Conseiller de la Fondation Victor Segalen

Organisateurs

  • Mme Laure Mellerio-Segalen, Présidente déléguée de la Fondation Victor Segalen
  • M. Wang Jiann-Yuh, Directeur de la Fondation Victor Segalen
  • Mlle Liu Wenling, Chargée de mission de la Fondation Victor Segalen
  • M. Alban Yung, Délégué Chine de la Fondation Victor Segalen

 

 

La Fondation Victor Segalen remercie très vivement de leur soutien les institutions et les entreprises qui rendent possible ce dialogue franco-chinois.

 

Texte de  synthèse de Laurent Degos :

L’alimentation est suffisante en quantité en Chine comme en France. Les deux pays sont reconnus dans le monde pour leur gastronomie, la qualité des aliments reste toutefois un problème. Chacun  a constitué  son cadre juridique et ses contrôles, mais des difficultés subsistent à la fois dans le bon équilibre alimentaire, et dans la sécurité des aliments.

 

Les aliments comportant trop de sel et provoquant l’hypertension artérielle, trop de sucre induisant un diabète, trop de graisse favorisant l’athérosclérose, sont des fléaux de santé publique. L’éducation de la population et surtout celle des enfants est essentielle. En Chine, entre 2 et 6 ans, l’enfant unique est à la maison, « gâté » par ses parents et grands parents. En France où l’enfant est plus encadré (crèche, maternelle et école) et reçoit par la télévision des messages simples (cinq fruits et légumes par jour…),  la courbe de  l’obésité infantile marque une nette amélioration. À tout âge le « fast food » est compliqué à maitriser et à normaliser. Le repas traditionnel familial perdure dans les deux pays, mais la diversité des aliments souvent locaux fait craindre l’apport de produits toxiques, et  comme le disent les chinois « la maladie commence par la bouche ». Le choix entre un produit normé et fade, ou un produit non contrôlé local, est difficile. L’appellation origine certifiée, l’étiquetage sur la date de péremption, la traçabilité du produit et sa durée de vie saine, l’absence de changement d’étiquetage ou de date d’expiration, sont des éléments de discussion qu’il faudrait approfondir ensemble. 

Nos deux peuples ont maintenant suffisamment de nourriture pour vivre, le point essentiel est la sécurité alimentaire. L’espérance de vie, en augmentation depuis un siècle, est en grande partie due à l’hygiène et à l’abondance de nourriture. Mais comment s’assurer que le produit est correct, et que le contrôle est adéquat? Deux facettes du même problème.

 

Le produit se trouve dans un milieu physique incertain en raison de la pollution de l’air, de l’eau (agents infectieux et toxiques déversés) et de la terre (métaux lourds). La modification de la croissance des fruits, des légumes et des animaux, avec l’emploi d’antibiotiques ou d’hormones, met en doute la qualité des matières premières. L’apport d’engrais, de pesticides et de désherbants, s’ajoute à la liste des risques alimentaires, tout comme l’eau polluée pour la pêche des poissons et crustacés. Les deux pays sont conscients de ces dangers. Le respect d’un code de conduite est essentiel.  La réaction des écologistes parfois excessive en France exprime la crainte de la population face aux innovations comme les OGM, alors qu’en Chine l’opinion suit l’évaluation scientifique. En Chine la mauvaise qualité du lait, l’emploi d’huile usagées, la présence de cadmium dans le riz, de pesticides dans le thé, d’hormones dans les fruits, d’antibiotiques dans les viandes animales et le lait, sont des exemples de préoccupation. L’esprit critique sur la qualité des aliments dépend de l’éducation et de l’information de la population. Malgré les autorités de régulation de la publicité et les chartes d’engagement des producteurs, une publicité excessive et alléchante vient souvent brouiller les messages.

 

En Chine, il existe 450 000 industries d’alimentation dont 350 000 emploient moins de 10 personnes. L’environnement juridique « traverse la rivière à tâtons » suivant les expériences. La multitude des ministères engagés dans l’alimentation et la santé n’aide pas à prendre des décisions. L’impunité favorise les déviations. Le but du contrôle est de rétablir la confiance et la crédibilité  dans une vraie économie de marché. Le contrôle se fait dans les deux domaines : contrôle des producteurs et contrôle des produits (avec élimination des produits défectueux). En France la traçabilité est notée et contrôlée, les producteurs sont visités et contrôlés, ainsi que les distributeurs et les restaurants.

En Chine une campagne d’autocritique a initié un changement au niveau du pouvoir pour accélérer la mise en place d’une gouvernance et d’une coordination remplaçant la multitude de départements. La révision des normes et des outils est en cours afin de consolider à la fois le contrôle qualité et l’évaluation des risques, afin ensuite de les contrôler. Cette approche scientifique fait appel à l’écologie, la technologie agricole, l’étude de l’air de la terre et de l’eau et autres domaines scientifiques.

Les deux pays admettent qu’aujourd’hui on évalue mal le risque admissible.  Et que veut dire risque admissible ? Un sujet de discussion générale pour le futur. Faut-il chercher à diminuer les risques (attitude pragmatique de protection du citoyen) ou à contrôler l’écriture de règles et la conformité aux normes (attitude administrative de protection du régulateur et du pouvoir) ?

 

Une communication sur le risque s’appuyant sur des données scientifiques réduit les réactions subjectives, et remplacer le désordre des manifestations par l’éducation et une information scientifique, permet de diminuer la pression populaire.

La mise en place d’une Autorité de la sécurité alimentaire en Chine, est une avancée sensible visant à améliorer régulation, réseau de contrôle, traçabilité, et à promouvoir prévention et coordination. Ces mesures de transparence et de gouvernance répondent aux pressions de la population. Celle-ci sera impliquée dans la surveillance des risques, et les parties civiles participeront à la gouvernance.

La qualité de l’alimentation « donne de la valeur aux valeurs humaines ».  C’est un bien-être de l’humanité. L’alimentation est un enjeu de civilisation, symbole du rapport à l’autre.  Il nous faut préserver sa qualité et supprimer les risques face à une évolution industrielle permanente, pour être aptes à répondre aux questions, à gérer les crises, et donc à réguler plus finement le parcours de l’aliment « de la fourche à la fourchette ».